Il n’y a pas que les murs en granit typiquement bretons et les toits en ardoise dans la vie : on peut être architecte à Fougères et apprécier d’autres styles ! Aujourd’hui, nous avons décider d’inaugurer une nouvelle rubrique sur le Japon, sa culture, son style de vie, et, bien évidemment, ses particularités en termes d’architecture et de design. Pour commencer, nous vous proposons une histoire condensée de l’architecture japonaise en deux parties.

Embarquons sans plus attendre pour la première étape de notre voyage au pays du soleil levant : depuis les maisons traditionnelles en bois au développement de techniques révolutionnaires pour faire face aux aléas climatiques.

L’architecture japonaise : simple, inspirante et respectueuse de son environnement

À l’image de l’histoire du pays, l’histoire de l’architecture japonaise est extrêmement dense. Nous ne pourrons qu’effleurer sa richesse dans notre blog ! Toutefois, nous tenons à en poser les bases afin de vous aider à saisir notre propre démarche en tant qu’architectes

L’architecture implique d’adapter la conception des bâtiment en fonction des conditions climatiques et du terrain, de la culture et la perception de l’espace de chacun. L’art de la construction au Japon n’échappe pas à ce principe, mais il a la particularité de s’inscrire dès le début de son histoire dans une démarche de dialogue avec la nature environnante et de l’adaptation aux paysages. Des aspects que nous apprécions particulièrement !

architecture japonaise

Kyoto Golden Temple. Crédit photo : Vincent Dumont

Aux origines : du bois et un style modulable en parfait accord avec la nature

Commençons notre périple vers le 6ème siècle, lors de l’arrivée du bouddhisme au Japon. Les maisons étaient presque toujours construites en bois. On évitait d’utiliser la pierre, car les constructions s’écroulaient en cas de séisme.

En revanche, le travail du bois et de ses dérivés (écorces, planches, papier…) s’est développé au point de s’élever au rang de technique remarquablement robuste et ingénieuse pour l’époque. On n’utilisait même pas de clous pour monter les structures. C’est du génie !

Le style traditionnel était assez uniforme : des poteaux et des linteaux disposés en rectangle et supportant un grand toit de chaume.

Les murs fins, jamais porteurs, étaient composés de cloisons de papier amovibles (shoji) et permettaient de moduler la taille des pièces selon les usages. Le plan libre de Le Corbusier avant l’heure, en quelque sorte.

Les avant-toits surdimensionnsés, qui pouvaient représenter la moitié de la taille de la maison et recouvrir de larges terrasses, estompaient la limite entre l’intérieur et l’extérieur de la maison et rendaient les espaces intérieurs particulièrement sombres.

architecture japonaise

Maison traditionnelle. Crédit image : Wikipedia

L’utilisation du bois dans la construction a perduré avec l’influence de la religion et des cultures des autres pays asiatiques, passant au niveau supérieur avec la construction d’édifices monumentaux. Qu’il s’agisse de temples bouddhistes ou sanctuaires shinto, nous pouvons encore admirer ces joyaux architecturaux aujourd’hui.

Art de la forme, respect de la nature et recherche esthétique constante faisant partie des caractéristiques de l’époque et continuent d’inspirer l’architecture japonaise contemporaine.

Kencho Ji (Kamakura). Crédit photo : Vincent Dumont

La géographie et le climat marquent le style japonais

Entre le 11ème et le 16ème siècle, les progrès technologiques ont permis aux architectes de se distinguer, notamment de leurs voisins chinois, et d’affirmer un style typiquement japonais, développé en réponse à la géographie et au climat du pays.

Concevoir des bâtiments résistant aux séismes, aux pluies diluviennes et aux vagues de fortes chaleurs était une nécessité.

La période Edo (1603 – 1867) tire son nom de la nouvelle capitale du pays (celle-ci fera plus tard partie du Tokyo moderne), qui comptait déjà plus d’un million d’habitants. La hausse rapide de la population a poussé les architectes à imaginer des constructions à étages, basées sur des socles surélevés en pierre (que l’on remarque aussi à la base des châteaux forts). 

Les maisons de ville ont commencé à se raffiner, les toits de tuile ont remplacé les toits de chaume et on a recouvert les poutres de plâtre pour les protéger du feu : deux incendies ont en effet ravagé la ville au 17ème siècle, entraînant des changements profonds dans les structures des bâtiments mais aussi dans l’ensemble du design urbain.

La pierre a alors fait partie des matérieux de construction privilégiés dans tout le pays.

architecture japonaise

Chateau de Himeiji. Crédit photo : Laura Perréard

Nous poursuivrons notre voyage dans le prochain épisode. En attendant, n’hésitez pas à partager dans les commentaires vos idées de sujets pour cette nouvelle rubrique spéciale Japon !